« Il faut se lancer ! » : trois assistantes maternelles partagent leur expérience de la VAE

Après avoir mis à l’honneur les quatre assistantes maternelles du territoire ayant obtenu le CAP Accompagnant Éducatif Petite Enfance (AEPE) par la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE), la Communauté de communes Loire Semène a souhaité donner la parole à trois d’entre elles.

À travers leurs témoignages, Isabelle Garnier, Marianne Gayton et Noélie Gaucher reviennent sur leur parcours, leurs motivations et les enseignements qu’elles retirent de cette expérience. Leur objectif est simple : montrer que cette démarche est accessible et encourager d’autres assistantes maternelles à se lancer.

Une aventure collective

Tout est parti d’une présentation organisée par Nacarat Formation, venue présenter la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) au Relais Petite Enfance. L’une des assistantes maternelles a alors proposé de constituer un groupe afin de suivre cette démarche ensemble.

Pour Noélie Gaucher, cet accompagnement collectif a été une véritable force.

« Le fait d’avoir été accompagnées et d’être plusieurs nous a permis de nous aider, de nous épauler, puis de nous remotiver quand on n’avait pas trop le goût. »

Pendant près d’un an, les quatre professionnelles se sont retrouvées régulièrement afin d’avancer sur leur dossier, chacune à son rythme, tout en partageant les mêmes objectifs.

Comme l’explique Marianne Gayton :
« On se voyait avec un but précis. Il fallait qu’on avance sur ça ou sur ça. Ça laissait quand même des dates butoirs et on n’avait pas le choix… enfin, ça motivait ! »

Isabelle Garmier souligne également l’importance de cette dynamique de groupe.
« Le faire à plusieurs, ça entraîne. Des fois, on se dit qu’on est en retard, puis on voit que l’autre aussi. On se motive entre nous. »

Redécouvrir son métier autrement

La VAE ne consiste pas seulement à raconter son expérience. Elle demande d’analyser chaque geste du quotidien, d’expliquer les pratiques professionnelles et de mettre des mots sur des habitudes devenues naturelles avec les années.

Pour Marianne Gayton, cet exercice a été particulièrement enrichissant.
« Il y a des choses qu’on fait machinalement. De réfléchir à pourquoi on le fait, c’était hyper intéressant. »

Noélie Gaucher partage le même ressenti.

« Tout a un but finalement. D’un dessin tout simple, ça engendre plein de choses différentes. »

Isabelle Garmier évoque elle aussi ce travail d’introspection.

« Chaque fois qu’on fait quelque chose, il faut se demander : pourquoi je le fais ? Pourquoi comme ça ? Il faut tout expliquer, tout justifier. Le jury ne sait pas ce qu’on fait au quotidien, alors il faut le mettre par écrit. »

Toutes trois expliquent que cette réflexion leur a permis de prendre davantage conscience de la portée éducative de leur métier et de tout ce qu’elles apportent aux enfants au quotidien.

Un investissement personnel important

Toutes s’accordent sur un point : la VAE demande du temps et de l’organisation.

Pour Isabelle Garmier, il est important d’en avoir conscience avant de se lancer.
« Quand on se lance, il faut prendre du temps. Ça demande du travail personnel. Il faut avancer régulièrement, parfois pendant les temps de sieste ou sur son temps personnel. C’est une vraie année de travail. »

Ayant déjà validé une partie du CAP grâce à son parcours professionnel, elle explique que la VAE lui a permis d’obtenir le dernier bloc de compétences qui lui manquait, sans avoir à repasser l’ensemble des épreuves.

Un accompagnement précieux

Au-delà de Nacarat Formation, le Relais Petite Enfance Loire Semène a joué un rôle essentiel tout au long de leur parcours.

Relecture des dossiers, préparation à l’oral, conseils, simulations d’entretien… les professionnelles du Relais se sont investies pour accompagner les candidates jusqu’à l’obtention de leur diplôme.

Pour Noélie Gaucher, ce soutien a été déterminant.

« Elles n’étaient pas obligées de faire tout ça, mais elles nous ont vraiment aidées. Elles nous ont bien préparées pour l’oral. »

Marianne Gayton souligne également l’importance de cet accompagnement.

« Elles nous ont motivées parce qu’il y a eu des moments où c’était un peu compliqué pour nous. »

De son côté, Isabelle Garmier précise avoir suivi un parcours un peu différent, tout en saluant l’accompagnement dont ont bénéficié les candidates.

Une véritable reconnaissance professionnelle

Au-delà du diplôme, cette expérience leur a permis de renforcer leur confiance en elles et de faire reconnaître leurs compétences.

Pour Marianne Gayton, cette validation constitue avant tout une reconnaissance de son métier.

« Déjà, ça fait une reconnaissance de notre travail. Et puis la sécurité de se dire que, si demain on veut arrêter d’être assistante maternelle, on peut aussi travailler en structure. »

Noélie Gaucher retient également l’aspect personnel de cette réussite.

« On se sent professionnelles. Et puis de dire qu’on en a été capables finalement… ça fait plaisir. »

Pour Isabelle Garmier, l’obtention du CAP représente aussi un véritable gage de confiance auprès des familles.

« Les parents nous demandent souvent si nous avons des diplômes. Le fait de pouvoir dire que j’ai obtenu le CAP AEPE apporte une qualification supplémentaire. C’est un diplôme reconnu qui montre que l’on continue à évoluer et à se former. »

Elle estime également que cette démarche contribue à valoriser le métier d’assistante maternelle.
« Ça montre notre travail auprès des enfants et l’investissement que l’on met dans leur accompagnement. »

« Il faut se lancer ! »

Si elles avaient un seul conseil à donner aux assistantes maternelles qui hésitent encore, ce serait celui-ci : oser.

Pour Noélie Gaucher : « Il faut le tenter. On n’avait rien à perdre. »

Et Marianne Gayton ajoute : « Il ne faut pas hésiter, il ne faut pas se poser de questions. On a foncé tête baissée. »

Toutes deux insistent sur le fait qu’il est important de s’organiser, de se fixer des objectifs et surtout de ne pas rester seule.

« Il fallait se donner des objectifs, avancer régulièrement et profiter de l’accompagnement. »Noélie Gaucher

Isabelle Garmier partage le même message.

« Il faut se faire confiance et croire en soi. C’est du travail, mais quand on est bien accompagné et qu’on avance ensemble, tout devient plus motivant. Toutes les assistantes maternelles sont capables d’y arriver. »

Aujourd’hui, toutes trois espèrent que leur parcours donnera envie à d’autres assistantes maternelles du territoire de valoriser à leur tour leur expérience grâce à la VAE.

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